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" Crains qu'un jour, un train ne t'émeuve plus" ( G. Apollinaire)

A la découverte d'un univers ludique et  fascinant pour petits et grands !

30 ans au service de l'histoire et du patrimoine ferroviaires !

Adresse : 20B, rue de Beaufort -  87400 Saint-Léonard de Noblat - Département de la Haute-Vienne-

Région Nouvelle Aquitaine ( Aquitaine - Limousin - Poitou - Charentes)

 

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Bout d' Rail joue du saxo et swingue !

Voici quelques thèmes du CD réalisé avec Jean Peron Garvanoff au bénéfice d'HistoRail

                    Really the Boogie.mp3

                    141P boogie.mp3

                    141 Baldwin boogie.mp3

                    Scottish LMS boogie.mp3

                    141TD740 boogie.mp3

Bout d'Rail écoute la radio Swing Fm de Limoges !

Pourquoi avoir choisi le Jazz à la création HistoRail ?

Nous voulions aszsocier un thème culturel pour animer la Vie artistique d'HistoRail; nous avons choisi le jazz, encore jamais utilisé en France par un musée ferroviaire.

Car le jazz est intimement lié au chemin de fer, ne serait-ce qu'au travers du boogie-woogie et de nombreux jazzmen passionnés par les chemis de fer.

Voici des textes rédigés pour le livret du CD " Really the Boogie" qui expliquent cette aventure jazzistique de notre musée.

Le jazz, les chemins de fer, HistoRail.... Une aventure peu commune !

L'apparition du dernier disque de Jean Peron-Garvanoff avec Moustache, "Roule Train Blues", allait déclencher une idée originale : marier ce nouveau musée ferroviaire avec le jazz.

Admirant Claude Bolling depuis la fin des années 60, grâce aux articles de Loco-Revue , je pensais que ce musée HistoRail pouvait proposer à Claude d'être à son président d'honneur fondateur. J'ai reçu son accord pour inaugurer la première salle de 270 m² le 2 juillet 1988, prête après seulement 10 mois de travaux bénévoles intenses et fous !

Jean Perron Garvanoff, coprésident d'honneur était présent lui aussi. Ma rencontre avec Jean remonte à février 1988. Je lui présentais l'aventure d'HistoRail. Passionné de trains, il s'enflamma pour cette "folie" muséale et me proposa de dédier un disque à HistoRail et aux chemins de fer.

Pour ce pénétrer intensément de l'atmosphère cheminote, Jean souhaita donc prendre ses vacances en famille dans une gare, celle de Châteauneuf-la-Forêt. La renommée de Jean s'étendit rapidement chez les cheminots du Limousin. C'est dans cet égard que j'en découvris le cheminot-guitariste Patrick Sautour, avec qui il composa le 141TD 740 boogie.

Le projet de disque prenait corps, dans l'ambiance d'une véritable épopée. Un train à vapeur, tracts et par la 141TD 740, appartenant au chemin de fer Périgord-Quercy, roulant le 23 juillet 1988. Dans la voiture-bar, nous avions installé un piano. Radio France Limoges y avait installé un studio d'enregistrement. Une liaison radio synchronisait les débuts de blues avec des coups de sifflet et des bruits d'échappement de la locomotive.

Le soir, un récital surréaliste fut donné à la gare de Saint-Léonard sous les trombes d'eau et les éclairs de l'orage. Les musiciens et le studio de Radio France Limoges était hébergé dans un wagon aménagé par le service régional de la communication de la SNCF, formant ainsi une scène. En face, les gradins désertés s'illuminaient sous les éclairs. Le public, conquis par l'insolite, avait trouvé refuge dans des wagons à bestiaux du bovins-express qu'avait ouverts le chef de gare, est placé sur une voie parallèle ! On peut dire que ce fut un vrai " boeuf".

Cette improvisation ne permit pas de réaliser un excellent disque, à moins de se satisfaire d'un disque souvenir. La décision fut donc prise de faire un enregistrement en numérique, ce que nous réalisâmes début mai 1990, aux studios de Radio France Limoges. L'aventure s'est poursuivie jusqu'à la production de ce disque. Plus de deux années d'efforts, de doute quelquefois ; mais la passion et la foi nous animant, l'objectif est atteint.

Je vous convie donc à commencer ce voyage musical. Laissez-vous emporter : les boogies, les blues s'enchaîneront pour vous nous emmener peu à peu vers d'autres horizons musicaux ou le rêve vous entraîne.

Qui niera alors que le jazz va à un train d'enfer !

Jacques Ragon

Président-fondateur d'HistoRail

Janvier 1991

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Souvenirs ferroviaires

par Jean Peron-Garvanoff

Je garderai toute mon existence le souvenir incomparable de mes premières rencontres avec le chemin de fer. C'était à la campagne. Très souvent, ma grand-mère maternelle emmenée tôt le matin, jusqu'à la gare de Beaumont-Böesse, distante de plusieurs kilomètres de notre lieu d'habitation.

Frileusement installé en poussette d'enfant, je voyais le spectacle de la nature se dérouler devant moi. Le soleil se levait et me donnait l'impression d'être une grosse boule au rose, posée au bout du monde. Sa présence illuminait et réveillait le paysage engourdi.

Alors, tout au bout de la plaine que nous traversions en empruntant un chemin entouré de champs de tabac, j'entendais, accompagnant les bruissements de la nature, la respiration puissante des locomotives, et j'observais les panaches de fumée qui formait des fugitifs poèmes au passage des trains. Le soir, avant de me coucher, j'ai dessiné des locomotives sur des feuilles de cahier que j'ai fixé ensuite avec un sérieux appliqué sur les murs de ma chambre. Et puis, je rêvais, avant même d'endormir.

Combien le temps qui défilait alors me semblait agréable, avait un sens profond, justifiait la présence ici-bas, et mes lendemains.

Mon oncle Georges était poseur de voies à l'entreprise Drouard. Ébloui par sa prestance, je n'osais pas lui adresser la parole. Quand il venait me voir, c'était un grand jour et j'attendais patiemment le moment où la conversation le porterait à parler de son travail. Quand cela se produisait, j'écoutais avec une telle attention que le monde s'évanouissait autour de moi.

Ma grand-mère, " la mère Dumont" m'avait appris un matin que les locomotives fonctionnaient avec de l'eau que l'on faisait chauffer. Cela m'avait fortement impressionné et donné un sujet d'intense matière à réflexion. Je regardais les jours suivants à la cuisine, posées sur le fourneau, les casseroles, la vapeur d'eau qui s'en échappait et ma grand-mère avec étonnement.

J'ai aussi, gravé dans ma mémoire, un jour magique où, à la Gare de Lyon, mon père m'avait accompagné jusqu'à la locomotive qui attendait, en retenant son souffle, l'heure du départ de notre train. C'était la première fois que je voyais une locomotive d'aussi près. L'émotion qui m’avait saisie était tellement forte, à ce moment-là, que la notion du temps s'était évanouie de mes pensées. Mon père avait demandé la permission au mécanicien de me faire monter à l'intérieur de la cabine de conduite. Celui-ci accepta et ouvrit le foyer de la locomotive : un rayonnement d'une intense chaleur m'enveloppa et m'étourdit.

La vie était pour moi à cette époque d'un grand intérêt.

Je n'oublierai jamais ce dimanche 17 juin 1973 annonçant le début de l'été. Le Cercle Ouest Parisien d'Etudes Ferroviaires (COPEF) avait organisé l'ultime voyage de la 241 P9, avant sa retraite à Guîtres, près de Bordeaux. Je m'étais inscrit avec mon épouse afin que nous puissions prendre place auprès des fidèles qui accompagneraient cette locomotive pour un voyage si triste et si beau.

Au départ de Paris, une CC 6500 devait emporter le train spécial de la gare Montparnasse, jusqu'au Mans où la rencontre avec la 241 P9 devait se réaliser.

Dès notre arrivée au Mans, je fus saisi par un trouble intense que je m'efforçai de contenir. Il me semblait que mes pieds ne touchaient pas le sol en marchant et que je m'enfonçais dans le vide. Tout au bout du quai, la 241P9 était là, enveloppée de vapeur et de fumée, comme sortant d'un rêve. Je me rappelle qu'un enfant dit à son père :" tu sens la fumée", et le père lui répond avec un ton sévère :" ça sent bon". Je m'approchais de la machine et, à son contact, j'étais devenu brusquement un élément intégrant de la nature, de l'avis, au-dessus des pensées.

À l'heure indiquée pour le départ, la 241P9 emporta à travers la campagne normande le train tout son dernier voyage. Tout au long du parcours, des femmes agitaient des mouchoirs en signe d'adieu. J'avais la gorge serrée. Il y eut plusieurs arrêts en cours de route et à chaque fois nous descendîmes des wagons pour venir à l'avant du train salué celle qui avait cours de sa brillante carrière honoré dans la mémoire collective des hommes, la Société Nationale des Chemins de fer Français.

Au retour du Mans, la 241P9, après avoir émis un sifflement déchirant, s'éloigna avec le jour couchant du train spécial en direction du dépôt. Quelques fidèles s'étaient accrochés en grappes sur le tender de la machine qui finissait sa course. Alors, serrés les uns contre les autres sur le quai, sans dire un mot, les larmes aux yeux, le cœur blessé, nous avons pris la direction du retour.

En 1988,un merveilleux fou roulant, Jacques Ragon, m'invita à inaugurer un musée ferroviaire dont il était le président-fondateur. Il s'agissait de l'HistoRail, nom donné à ce musée situé près de Limoges, à Saint Léonard de Noblat.

Mon séjour et celui de ma famille se prolongea au cœur de cette région. Jacques Ragon avait obtenu une autorisation des responsables régionaux de la SNCF pour que je loge pendant un mois à la gare de Châteauneuf-la-Forêt. Cette gare de style authentiquement Paris-Orléans (PO) se distingue par la présence de sa magnifique grue à eau servant à approvisionner le tender des locomotives.

Un piano, prêté par la municipalité de Châteauneuf, fut installé à l'intérieur d'un petit bâtiment situé tout près des voies. Les mécaniciens et chefs de train venaient m'y rencontrer avec le responsable de la gare. Parfois les trains prenaient un léger retard. Jour et nuit, j'allais et venais, m'imprégnant de la nature même des lieux, écoutant les silences et discernant les bruits. Un élan irrésistible m’entraînait.

Ma vie s'était transformée. Le pianiste cheminot de la petite gare de la ligne de Limoges à Ussel qui traverse la magnifique vallée escarpée de la forêt limousine portait le titre enviable d'homme le plus heureux du monde.

J'aime marcher le long d'une voie ferrée quand le soleil termine sa course à l'extrémité de l'horizon. J'espère, au fur et à mesure que je m'éloigne, atteindre un lieu de rassemblement des pensées où je pourrais revoir ma grand-mère Dumont, la 221 P9. Alors seulement, et par ces retrouvailles, j'arriverai enfin à mettre un terme à mon bonheur inachevé.

Jean Peron-Garvanoff

Janvier 1991.